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La nourriture et la ville, selon Carolyn Steel

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La nourriture et la ville, selon Carolyn Steel
Carolyn Steel intervient vendredi 2 octobre pour le teaser de la Semaine Digitale dédié à la "Ville ouverte et aux transports intelligents".
Elle nous explique en quelques mots les grandes lignes de son intervention, le 2 octobre à 20h à l'Université de Bordeaux, campus de la Victoire.
Interview et modération de la conférence : François-Xavier Bodin
Pour s'inscrire, cliquer ici
Quel est le problème avec la nourriture et la ville ?
Le problème est que les villes ont besoin de manger, alors que leur nourriture vient d'un endroit que nous appelons la « campagne », souvent éloignée de plusieurs kilomètres. C’est ce que j’appelle le «paradoxe urbain» : plus les villes grandissent, plus nous nous éloignons, à la fois physiquement et mentalement, des sources de notre subsistance.


Pourquoi devrions-nous nous préoccuper de cette question ?
Nous devrions nous en préoccuper parce que la façon dont nous mangeons affecte presque tous les aspects de nos vies, des choses les plus évidentes (notre santé, le paysage) à celles qui le sont moins (le bien-être humain et celui des animaux, la dégradation des sols, la déforestation, etc). Dans le système alimentaire mondialisé, la façon dont nous mangeons a une énorme incidence sur des gens, des lieux et des écosystèmes que nous ne connaissons même pas. Il s’agit donc un problème à la fois éthique et écologique.


Avez-vous remarqué un changement positif depuis la première parution de votre livre en 2008 ? Avez-vous un espoir en particulier ?
En fait, oui. « Hungry City » est sorti en 2008 : l'année des crises bancaire et alimentaire mondiales. Les gens ont réalisé que nous avions marché comme des somnambules vers une situation qui mettait en cause la stabilité mondiale. Soudain la nourriture était au centre des préoccupations, et quelques voix - qui depuis longtemps nous mettaient en garde face aux dangers d'un système alimentaire industriel globalisé - ont commencé à être entendues. Dans mon domaine, celui de l'architecture, il était impensable pour les gens de parler de nourriture il y a dix ans : maintenant tout le monde le fait !


Selon votre connaissance de la France (et plus particulièrement de Bordeaux ou du Sud-Ouest), diriez-vous que la situation est aussi mauvaise ici que dans d'immenses villes comme Londres ?
Non, je pense qu'une ville comme Bordeaux a de grands avantages par rapport à Londres. D'abord parce qu'elle est de taille relativement petite et que les connexions avec son arrière-pays rural sont encore relativement aisées ; d'autre part parce que la culture alimentaire française a beaucoup mieux survécu que la culture britannique. Les Français semblent encore se soucier de la bonne qualité des produits, et donnent de l’importance aux produits traditionnels : c’est exactement ce dont nous avons besoin pour maintenir les systèmes alimentaires locaux vivants.

Evénément gratuit sur inscription

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